Rainha do mar : paroles, traduction et audio – chanson de capoeira
Paroles (portugais)
Traduction (français)
Quando a maré baixar
Vá lhe visitar
Vá fazer devoção
Vá lhe presentear
Quand la marée descendra
Va lui rendre visite
Va lui rendre hommage
Va lui offrir des présents
No mar
Mora Iemanjá
Dans la mer
Vit Iemanjá
Vários negros foram pro Brasil
Bantus, Nagôs e Iorubas
Dentro do navio negreiro
Deixaram suas lágrimas correr no mar
Beaucoup de Noirs sont partis au Brésil
Bantous, Nagôs et Yorubas
À bord du navire négrier
Ils ont laissé leurs larmes couler dans la mer
No mar
Mora Iemanjá
Dans la mer
Vit Iemanjá
Sua lágrima correu no mar
Tocou o peito de Iemanjá
Ela podia mudar a maré
Fazer meu navio voltar pra Guiné
Leurs larmes ont coulé dans la mer
Elles ont touché le cœur d'Iemanjá
Elle pouvait changer la marée
Faire revenir mon navire en Guinée
No mar
Mora Iemanjá
Dans la mer
Vit Iemanjá
En gras : réponse du chœur (coro).
De quoi parle la chanson
Cette chanson est un hommage à Iemanjá, la reine de la mer (« rainha do mar ») dans les religions afro-brésiliennes. Le premier couplet invite à lui rendre visite et à lui apporter des offrandes quand la marée descend.
Les couplets suivants rappellent la traite des esclaves : des Africains de différents peuples, arrachés à leur terre et emmenés au Brésil à bord des navires négriers, ont versé leurs larmes dans l’océan. Ces larmes touchent le cœur d’Iemanjá, qui aurait le pouvoir de changer la marée pour ramener le navire vers l’Afrique. La chanson mêle ainsi dévotion, mémoire de l’esclavage et nostalgie de la terre d’origine, des thèmes très présents dans la capoeira.
Vocabulaire et contexte
Iemanjá : orixá (divinité afro-brésilienne) de la mer, mère des eaux. On lui offre fleurs et présents, notamment le 2 février à Salvador de Bahia. Bantus, Nagôs, Iorubas : peuples d’Afrique déportés au Brésil pendant la traite esclavagiste. Navio negreiro : navire négrier. Guiné : désigne ici l’Afrique, la terre d’origine.