A lição : paroles et traduction – chanson de capoeira

Auteur : Mestre Barrão (Axe Capoeira)

Paroles (portugais)

Traduction (français)

Eu li a respeito,
Aprendi a lição
As mulheres chorando,
E os homens no chão
As crianças gemendo,
E o feitor com a chibata na mão
As crianças gemendo,
E o feitor com a chibata na mão
O filho do negro era escravo
O do coronel tinha liberdade
Pra estudar na capital
E o negro
No arraial
Onde o lápis do negro era foice
E o caderno
Canavial
Vem vamos embora
Que esperar não é saber
Quem sabe faz a hora
Não espera acontecer

J'ai lu à ce sujet,
J'ai appris la leçon
Les femmes qui pleuraient,
Et les hommes à terre
Les enfants qui gémissaient,
Et le contremaître, le fouet à la main
Les enfants qui gémissaient,
Et le contremaître, le fouet à la main
Le fils du Noir était esclave
Celui du colonel avait la liberté
D'aller étudier à la capitale
Et le Noir
Restait au village
Où le crayon du Noir était la faucille
Et son cahier
La plantation de canne à sucre
Viens, allons-y
Car attendre, ce n'est pas savoir
Celui qui sait choisit le moment
Il n'attend pas que ça arrive

Vem vamos embora
Que esperar não é saber
Quem sabe faz a hora
Não espera acontecer
La La La uê, La La La uê
La La La uê, La La La uê….

Viens, allons-y
Car attendre, ce n'est pas savoir
Celui qui sait choisit le moment
Il n'attend pas que ça arrive
La la la uê, la la la uê
La la la uê, la la la uê…

En gras : réponse du chœur (coro).

De quoi parle la chanson

Une chanson de Mestre Barrão (Axé Capoeira) sur l’injustice de l’esclavage et ses suites. Le chanteur raconte ce qu’il a « appris en lisant » : les familles brisées, le contremaître armé de son fouet, et surtout l’inégalité entre les enfants. Le fils du colonel part étudier à la capitale ; celui du Noir reste au village, où son seul « crayon » est la faucille et son seul « cahier » le champ de canne.

Le refrain reprend un vers célèbre de la chanson contestataire brésilienne « Pra não dizer que não falei das flores » de Geraldo Vandré (1968) : « celui qui sait fait l’heure, il n’attend pas que ça arrive ». C’est un appel à agir plutôt qu’à attendre que les choses changent seules.

Vocabulaire et contexte

Feitor : contremaître chargé de surveiller et punir les esclaves. Chibata : fouet. Coronel : grand propriétaire terrien du Nordeste brésilien, qui avait souvent un pouvoir politique local. Arraial : hameau, petit village. Canavial : champ de canne à sucre, principale culture de l’époque coloniale, où travaillaient la plupart des esclaves. Quem sabe faz a hora : expression devenue proverbiale au Brésil pour dire qu’il faut prendre son destin en main.

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