Canaviê : paroles et traduction – chanson de capoeira
Paroles (portugais)
Traduction (français)
Canaviê, canaviê
Corta cana pro feitor
Canaviê, canaviê
Coupe la canne pour le contremaître
No meio do canavial
Uma chance pra viver
Se morria por lutar
Então cortava pra não morrer
Au milieu du champ de canne
Une chance de vivre
On mourait pour avoir lutté
Alors on coupait pour ne pas mourir
Canaviê, canaviê
Corta cana pro feitor
Canaviê, canaviê
Coupe la canne pour le contremaître
Luta disfarçada de dança
Responde pro mal feitor
Com pontapés e cabeçadas
Negro diz: não vou
Une lutte déguisée en danse
Répond au contremaître malfaisant
À coups de pied et de tête
Le Noir dit : je n'irai pas
Canaviê, canaviê
Corta cana pro feitor
Canaviê, canaviê
Coupe la canne pour le contremaître
Cansado pela dor
Faz doer o coração
Até de quem não viveu o tempo
Aquele de escravidão
Épuisé par la douleur
Cela fait mal au cœur
Même de ceux qui n'ont pas vécu ce temps
Celui de l'esclavage
Canaviê, canaviê
Corta cana pro feitor
Canaviê, canaviê
Coupe la canne pour le contremaître
Com sangue nas mãos
Pro feitor uma surpresa
Se plantava cana e o que nascia
Era a capoeira
Le sang sur les mains
Une surprise pour le contremaître
On plantait de la canne, et ce qui poussait
C'était la capoeira
Canaviê, canaviê
Corta cana pro feitor
Canaviê, canaviê
Coupe la canne pour le contremaître
En gras : réponse du chœur (coro).
De quoi parle la chanson
Une chanson de Feijão qui se déroule dans les champs de canne à sucre, au temps de l’esclavage. Le refrain répète l’ordre donné aux esclaves : couper la canne pour le « feitor », le contremaître. Le premier couplet décrit le dilemme : celui qui se révoltait risquait la mort, alors on coupait la canne pour survivre.
Les couplets suivants racontent la naissance de la capoeira comme une « lutte déguisée en danse », qui répond au contremaître à coups de pied et de tête. La chanson souligne que cette souffrance touche encore ceux qui ne l’ont pas vécue, et se termine sur une image forte : on plantait de la canne, mais ce qui poussait, c’était la capoeira.
Vocabulaire et contexte
Canaviê : exclamation chantée, formée sur « canavial », le champ de canne à sucre. Feitor : le contremaître des plantations, chargé de surveiller et de punir les esclaves. Mal feitor : jeu de mots entre « feitor » (contremaître) et « malfeitor » (malfaiteur). Luta disfarçada de dança : « lutte déguisée en danse » ; selon la tradition orale, les esclaves dissimulaient leur entraînement au combat sous l’apparence d’une danse. Pontapés, cabeçadas : coups de pied et coups de tête ; la cabeçada est l’un des mouvements fondamentaux de la capoeira.