Chamado de Angola : paroles et traduction – chanson de capoeira
Paroles (portugais)
Traduction (français)
Chama eu, chama eu
Chama eu, Angola chama eu
Chama eu, chama eu
Chama eu, Angola chama eu
Elle m'appelle, elle m'appelle
Elle m'appelle, l'Angola m'appelle
Elle m'appelle, elle m'appelle
Elle m'appelle, l'Angola m'appelle
Numa viagem pra África
Oi, numa viagem pra África
O meu mestre esteve lá
Em busca dos fundamentos
Da nossa capoeira
Ô chama eu
Lors d'un voyage en Afrique
Oi, lors d'un voyage en Afrique
Mon mestre est allé là-bas
À la recherche des fondements
De notre capoeira
Ô, elle m'appelle
Chama eu, chama eu
Chama eu, Angola chama eu
Elle m'appelle, elle m'appelle
Elle m'appelle, l'Angola m'appelle
Vi falar do embondeiro
Que faz casa pra morar
Falar dos negros cuanhama
É uma tribo que tem lá
Ô chama eu
J'ai entendu parler du baobab
Qui sert de maison pour habiter
Parler des Noirs kwanyama
C'est un peuple qui vit là-bas
Ô, elle m'appelle
Chama eu, chama eu
Chama eu, Angola chama eu
Elle m'appelle, elle m'appelle
Elle m'appelle, l'Angola m'appelle
O dinheiro é o kuanza
O Quimbundo é pra falar
Capoeira vai crescendo
Bassula pra derrubar
Ô chama eu
L'argent, c'est le kwanza
Le kimbundu, c'est pour parler
La capoeira se développe
La bassula, pour faire tomber
Ô, elle m'appelle
Chama eu, chama eu
Chama eu, Angola chama eu
Elle m'appelle, elle m'appelle
Elle m'appelle, l'Angola m'appelle
Canta Dionísio Rocha
Diferente no cantar
O povo diz pagimne
Pedindo paz pro lugar
Ô chama eu
Dionísio Rocha chante
D'une manière bien à lui
Le peuple dit « pagimne »
Pour demander la paix pour le pays
Ô, elle m'appelle
Chama eu, chama eu
Chama eu, Angola chama eu
Elle m'appelle, elle m'appelle
Elle m'appelle, l'Angola m'appelle
Muchima é coração
Que bate forte ao chegar
Parece que diz baixinho
Me leve um pouco pra lá
Ô chama eu
Muchima, c'est le cœur
Qui bat fort en arrivant
On dirait qu'il dit tout bas
Emmène-moi un peu là-bas
Ô, elle m'appelle
Chama eu, chama eu
Chama eu, Angola chama eu
Elle m'appelle, elle m'appelle
Elle m'appelle, l'Angola m'appelle
Cabeçada é quitunga
Luanda é a capital
Atabaque é ningoma
Hungo vira berimbau
Ô chama eu
La cabeçada, c'est la « quitunga »
Luanda est la capitale
L'atabaque, c'est la « ningoma »
Le hungo devient berimbau
Ô, elle m'appelle
Chama eu, chama eu
Chama eu, Angola chama eu
Elle m'appelle, elle m'appelle
Elle m'appelle, l'Angola m'appelle
Negro nascido na terra
Não pode no chão pisar
Pode ser campo minado
A guerra ainda tá lá
Ô chama eu
Le Noir né sur cette terre
Ne peut pas marcher sur le sol
Ce peut être un champ de mines
La guerre est encore là
Ô, elle m'appelle
Chama eu, chama eu
Chama eu, Angola chama eu
Elle m'appelle, elle m'appelle
Elle m'appelle, l'Angola m'appelle
O tempo lá vai rolando
Quem manda em mim é Deus
Quando ele me abençoar
Eu vou lá te conhecer
Ô chama eu
Là-bas, le temps passe
Celui qui décide pour moi, c'est Dieu
Quand il me bénira
J'irai te connaître
Ô, elle m'appelle
Chama eu, chama eu
Chama eu, Angola chama eu
Elle m'appelle, elle m'appelle
Elle m'appelle, l'Angola m'appelle
En gras : réponse du chœur (coro).
De quoi parle la chanson
Une chanson de Mestre Boa Voz (Abadá-Capoeira) sur l’appel de l’Angola, l’une des terres d’où sont partis les ancêtres de la capoeira. Tout part d’un voyage : le mestre du chanteur est allé en Afrique chercher les « fondements » de la capoeira. Chaque couplet rapporte alors un morceau de l’Angola : le baobab, assez grand pour servir de maison, le peuple kwanyama, la monnaie (le kwanza), la langue kimbundu, la bassula, un art de combat traditionnel, et le chanteur Dionísio Rocha.
Plusieurs couplets font le lien avec la capoeira : la cabeçada, l’atabaque (la « ningoma ») et surtout le hungo, l’arc musical qui serait devenu le berimbau. La chanson n’oublie pas la réalité du pays, longtemps déchiré par la guerre, où les mines rendent encore certains terrains dangereux. Elle se termine sur un vœu : si Dieu le permet, le chanteur ira un jour connaître l’Angola.
Vocabulaire et contexte
Chama eu : tournure populaire pour « me chama », « (elle) m’appelle ». Embondeiro : le baobab ; les très vieux baobabs ont un tronc si large qu’il peut servir d’abri. Cuanhama : les Kwanyama, un peuple du sud de l’Angola. Kuanza : le kwanza, la monnaie de l’Angola, qui porte le nom du grand fleuve du pays. Quimbundo : le kimbundu, langue parlée dans la région de Luanda ; elle a donné de nombreux mots au portugais du Brésil. Bassula : art de combat traditionnel angolais, avec des projections pour faire tomber l’adversaire, parfois cité parmi les cousins de la capoeira. Muchima : « cœur » en kimbundu (on écrit aussi muxima). Ningoma : le tambour, de la famille du mot « ngoma » que l’on retrouve dans de nombreuses langues bantoues. Hungo : arc musical angolais à calebasse, souvent présenté comme l’ancêtre du berimbau. Campo minado : champ de mines ; l’Angola a connu une longue guerre civile, terminée en 2002, qui a laissé de nombreuses mines dans le sol.