Por que será : paroles et traduction – chanson de capoeira

Auteur : Mestre Boa Voz (Capoeira Abada)

Paroles (portugais)

Traduction (français)

Por que será, por que será
Que hoje o negro não veio trabalhar
Por que será, por que será
Que hoje o negro não veio trabalhar

Pourquoi donc, pourquoi donc
Le Noir n'est-il pas venu travailler aujourd'hui ?
Pourquoi donc, pourquoi donc
Le Noir n'est-il pas venu travailler aujourd'hui ?

Já correu notícia,
Houve morte em Palmares
Morreu o negro, chamado Gangazumba
Já correu notícia,
Houve morte em Palmares
Mataram o negro, chamado Gangazumba

La nouvelle a déjà couru,
Il y a eu un mort à Palmares
Le Noir nommé Ganga Zumba est mort
La nouvelle a déjà couru,
Il y a eu un mort à Palmares
On a tué le Noir nommé Ganga Zumba

(Refrão x2)

(Refrain x2)

Naquele tempo, não existia a princesa
Não havia pão na mesa
Só tinha o canavial
Era o suor, era o sangue derramado
Era o trabalho do negro
Dia e noite sem parar

En ce temps-là, la princesse n'existait pas
Il n'y avait pas de pain sur la table
Il n'y avait que le champ de canne
C'était la sueur, c'était le sang versé
C'était le travail du Noir
Jour et nuit sans arrêt

(Refrão x2)

(Refrain x2)

E hoje em dia
depois do canavial
vem o relógio de ponto
que não para de marcar
Se o negro tá doente
e não consegue chegar
O patrão ou sinhozinho
já começa reclamar
Por que será

Et aujourd'hui
Après le champ de canne
Vient la pointeuse
Qui n'arrête pas de compter les heures
Si le Noir est malade
Et n'arrive pas à venir
Le patron, ou le petit maître,
Commence déjà à se plaindre
Pourquoi donc

(Refrão x2)

(Refrain x2)

En gras : réponse du chœur (coro).

De quoi parle la chanson

Une chanson de Mestre Boa Voz (Abadá-Capoeira) qui part d’une question : pourquoi le Noir n’est-il pas venu travailler aujourd’hui ? Le premier couplet répond par l’histoire : on vient d’apprendre la mort de Ganga Zumba, chef du quilombo de Palmares.

La chanson rappelle ensuite la dureté de l’esclavage, avant la « princesse » (Isabel, qui a signé l’abolition en 1888), puis fait le lien avec aujourd’hui : la canne a été remplacée par la pointeuse, et quand l’ouvrier noir, malade, ne peut pas venir, le patron, nouveau « sinhozinho », se plaint. Une critique sociale qui montre que l’exploitation n’a pas complètement disparu.

Vocabulaire et contexte

Palmares : le plus grand quilombo (communauté d’esclaves fugitifs) de l’histoire du Brésil, au XVIIᵉ siècle. Ganga Zumba : premier grand chef de Palmares, mort en 1678, oncle de Zumbi. A princesa : la princesse Isabel, qui a signé la Loi d’or (Lei Áurea) abolissant l’esclavage le 13 mai 1888. Relógio de ponto : pointeuse, horloge de contrôle des horaires. Sinhozinho : le jeune maître, fils du propriétaire d’esclaves ; ici, image du patron. Remarque : sur l’ancienne page, la reprise du refrain était seulement notée « x2 ».

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